Mets tes pointes et pousse le Frigo.
L'écume des lavabos laisse à chaque fois quelque chose d'unique à la faïence, si l'on doit lire dans quelque chose l'avenir, ce ne peut être ni dans le café ni dans le thé... cela doit être évidemment sur le bord souillé d'un lavabo.
Pourtant je ne sais pas lire les omens, alors je passerai un coup d'éponge, un jour.
Les volets hermétiques tenaient les brins du soleil hors de chez moi, juste un peu de lumière filtrait par le verre dépoli au-dessus de la porte d'entrée, prenait une allure aquatique en traversant les pavés de verre qui constituaient les murs.
J'avançais avec mon pied gauche croûté parmi le capharnaüm familier, je regrettais tous les matins cette nouvelle manie de m'écorcher le pied, je redoutais au premier pas, le moment où je devrai passer une chaussure.
Je claudiquais un peu plus chaque jour, à l'exacte manière d'une étoile de ballet septuagénaire qui tournerait toujours sur la même pointe et l'aurait usée jusqu'au talon.
J'étais bien content de ne pas avoir à porter de tutu quand je me grattais le pied, j'étais vraiment chanceux au bout du compte, sur ce joli constat je décidais de me laver, aujourd'hui.