Depuis quelques jours, j'écris des mots pour les effacer, rien n’est juste, je vomis une mauvaise prose, plus infecte encore que l'existence qu'elle essaie de dessiner.
La langueur du monde aura fini par m'asphyxier.
Je tangue mollement sous la ligne de flottaison d’un quotidien gélatineux.
Mon corps se laisse bercer vers des éternités relatives.
J’ouvre les yeux, ils se mêlent à l’océan, je sens les doigts gras et translucides de la matérialité s’enfoncer dans mes orbites, vriller autour de mes nerfs optiques pour enfin planter des ongles minéraux dans ma cervelle fatiguée.
Je baisse mes paupières sur deux iris nouveaux, opaques, atteints d’une cécité atavique.